zinneke
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Zinneke, quel projet de ville ?


I. A PROPOS DU PUBLIC ET DES RESEAUX

Zinneke s’appuie sur la complexité de la réalité urbaine. Cela signifie que le point de départ est explicitement que la diversité sociale et culturelle de Bruxelles peut offrir une réelle plus-value. Zinneke participe à la suppression des barrières sociales et politiques qui rendent cette ville fragmentée et pleine de contradictions. Les institutions sont inadaptées et fragmentées, le chômage est dramatique (surtout parmis les jeunes), la pauvreté est croissante, des mécanismes d’exclusion continuent à exister dans l’enseignement, la crise dans le marché de logement est saisissante, etc.

Positions:

  • Zinneke est ouvert à tout le monde … pour autant que chaque participant et chaque partenaire soit ouvert à l’autre.
  • Zinneke doit susciter le renforcement et la création de contacts et d’échanges durables entre les diverses classes, groupes et réseaux sociaux et culturels de la ville.
  • Des efforts prioritaires doivent se faire pour encourager la participation active des habitants qui n’ont pas l’habitude de s’engager dans l’action publique et culturelle ou qui vivent de manière cloisonnée.
  • Une attention particulière doit être portée pour des groupes qui n’ont pas suffisamment été touchés par le projet Zinneke jusqu’à présent. Les adolescents et les personnes âgées, ou certaines groupes sociaux et culturels en font partie.


II. A PROPOS DES RELATIONS AVEC LES INSTITUTIONS ET LES RESEAUX INFORMELS

Le modèle des années ‘80-’90 selon lequel la participation des habitants est exclusivement organisée à partir du tissu associatif professionnel montre ses limites. Il est essentiel d’offrir d’autres moyens pour rendre les personnes plus participatives. Des collaborations peuvent se construire en dépassant les pré-carrés. Elles se font à partir des spécificités et de la multitude des acteurs qui composent les quartiers.

Positions:

  • Zinneke n’est pas une vitrine des associations et organisations de quartiers. Zinneke doit s’imaginer son public et ne pas toujours prendre pour donné le public des institutions.
  • Zinneke suppose la collaboration et le soutien des organisations et institutions locales réellement désireuses de créer un nouveau projet urbain socio-artistique commun.
  • Des partenariats doivent être développés avec des institutions culturelles importantes qui ont une approche ouverte, interculturelle, intercommunautaire et urbaine.
  • Des collaborations doivent être renforcées avec des réseaux plus informels et ouverts au métissage (communautés ethniques, réseaux de jeunes, activistes urbains, collectifs d’artistes, plate-formes locales, comités de quartier, etc.)

III. A PROPOS DES QUARTIERS ET DES TERRITOIRES

Zinneke a toujours recherché un solide ancrage dans les quartiers. Cependant, de véritables diagnostics sont encore trop souvent absents. Dès lors, peu de vision de développement de quartier en découle. Les partenaires locaux sont rarement porteurs de visions transversales et intersectorielles. Zinneke veut contribuer à un projet de ville dont les limites dépassent les frontières politiques et administratives instituées. Par ailleurs, Zinneke ne contribue pas encore assez au développement de plates-formes locales ou urbaines qui pourraient peser sur l’agenda local.

Positions:

  • Les projets doivent être construits à partir d’une bonne connaissance sociodémographique. Cela induit un diagnostic des enjeux, des problèmes, des potentialités et des acteurs locaux dans chaque quartier impliqué.
  • Les projets doivent prioritairement être développés dans le centre-ville, la couronne du 19ième siècle et tout autre quartier avec un enjeu social important pour Bruxelles.
  • Les projets doivent réfléchir le bon niveau de délimitation de l’espace d’intégration. Zinneke doit apporter une bulle d’oxygène locale et doit contribuer à oeuvrer à l’identité complexe du quartier visé, tout en sortant d’une notion de quartier en terme de communauté ou village dans la ville. Les quartiers sont des lieux, avec habitants, usagers, passagers, dans lesquels toutes compétences doivent être mobilisées au maximum.
  • Le développement de Zinneke privilégie des collaborations avec l’Hinterland de Bruxelles (en particulier, les quartiers vivant des tensions communautaires, des clivages sociaux pointus, peu de rencontres intergénérationnelles), mais continue à créer des ponts avec les autres régions du pays et de l’étranger. Pour l’édition 2008 Zinneke veut organiser une série de formations avec des conférences, des débats, des workshops et des visites liées aux sujets mentionnés.


IV. A PROPOS DE L’APPROPRIATION DE LA VILLE

Investir davantage la ville en multipliant les répétitions dans les quartiers, en créant de nouvelles actions dans l’espace public, en mettant sur pied un centre de production,… Plus que jamais, Zinneke veut s’affirmer comme un acteur permanent dans la ville (cela n’en devient pas un programmateur culturel ou bureau-de-grands-événements pour autant). Mais quelles en sont les limites ? Quelle position prendre dans le calendrier bruxellois ? Quels rapports instituer avec les associations, organisations, institutions ou groupes informels ?

Positions:

  • Zinneke doit se développer via des actions publiques permanentes.
  • Des laboratoires expérimentaux doivent être organisés dès la relance autour de quelques techniques artistiques Zinneke.
  • Zinneke peut venir en soutien de projets locaux qui tentent l’innovation….
  • Zinneke crée son cadre de discussion sur les moments opportuns en fonction du calendrier urbain (date de parade, workshops, Master classes, actions hors Parade, expositions, installations, etc.). Cela se fait en évaluant les possibles grâce à une concertation générale.


V. A PROPOS DE L’EQUILIBRE ENTRE LA FETE ET LE SPECTACLE

La Parade est l’expression même du projet de ville que Zinneke défend. Le formatage événementiel est un réel danger. En développant les axes artistiques de chaque parade, on doit approfondir la volonté de marier qualité du spectacle et envie de fête. Si toutes les envies n’aboutissent pas, il est important que les propositions de parade tendent vers la réussite d’une fête proche du public et en interaction directe avec la ville et ses espaces publics. L’enjeu est de trouver le juste équilibre entre spectacle et fête populaire dans la rue.

Positions:

  • Le projet de Triptyque (installations, joyeuses entrées et parade) est un acquis. Pour les prochaines éditions, des volets supplémentaires seront inventés. Le ‘Multiptyque’ est en route.
  • La Parade même est un moment de rencontre. L’interaction active et vivante des paradeurs avec le grand public doit être renforcée.
  • La forme générale de la Parade est pensée à partir de cette volonté de rencontre. Elle doit se créer en fonction d’une plus grande rencontre spontanée et festive avec le public et ce, dès le démarrage des projets.
  • Une fête finale après la Parade doit se faire et de préférence dans les rues du centreville.

Ce rassemblement de clôture est “à la mode des Zinnekes ” (pas d’amplification sonore, convivial, avec une diversité de disciplines artistiques, construite en collaboration avec les institutions culturelles, les artistes et les habitants).