Phase de réalisation

La bouche mère : Anderlèche
Dramaturgie

mercredi 20 janvier 2010

SYNOPSIS
« Ô Langue
Organe sensuel et informe
Tu es le Symbole charnel de la grandeur du royaume d’ANDERLÈCHE
Tu es l’icône de la victoire de l’émotion sur sur le monstre mythique »
Bruxelles, prise sous la terreur d’un monstre hybride mi-langue mi-limace, sortant des égouts et poussé par la faim, est délivrée par les valeureux habitants du royaume d’Anderlèche. Nous allons bientôt apercevoir la bête capturée dégoulinante de rouge et de rose, nouveaux symbole d’Anderlèche.

Des bouffons annoncent un cortège fier de guerriers portants sur de hautes lances leurs trophées langues. Les blessés et leurs médecins traînant derrière eux épuisés, cachant à peine le monstre qui se débat sous la poigne puissante des dompteurs. Cette cour gonflée par l’exploit et ruisselante de couleurs est bel et bien venue recouvrir les pavés gris de sa victoire.

HISTOIRE
Alors que Bruxelles s’assoupissait sous la grisaille, un monstre, mi-langue, mi limace, s’étant secrètement nourrit et engraissé dans les égouts durant plus d’une centaine d’année, fit son apparition un matin d’hiver cherchant nourriture et déchets et détruisant tout sur son passage.

Alors que tous les habitants de Bruxelles paralysés par la peur regardaient leurs rues se noyer dans une matière rose et visqueuse, le ciel transpercé par les cris stridents de la bête, les valeureux habitants d’Anderlèche, refusant la résignation, se préparaient à un assaut sans précédent.

La cour et ses médecins créèrent des costumes de combat où les sécrétions rosâtres de la langue monstrueuse ne pourraient que glisser. Dans les ateliers, on s’échauffait à mettre sur pied des lances si longues, qu’elle seraient capables d’assaillir la bête à plusieurs mètres. Les ingénieurs, étudiant le cri du monstre, réussir à imiter l’étrange son venu des égouts. Sur un chant guerrier, reprenant les strophes de l’Hymne de leur royaume, ils s’entraînèrent jour et nuit jusqu’au jour fatidique. Fin prêt ils livrèrent une bataille mémorable contre le monstre. Il le capturèrent mais ne le tuèrent pas.

Le monstre devenu ainsi le symbole de leur force et de leur victoire, ils descendent aujourd’hui dans la rue se faire applaudir par les bruxellois afin d’affirmer la puissance de leur royaume.
Sur un rythme lourd et palpitant du combat, nous voyons au loin les porteurs d’étendards et les musiciens-trompes venus nous annoncer le monstrueuse zinnode.

Derrière eux les bouffons grimaçants s’agitent en tout sens, nous narguant de l’exploit accompli.

Nous voyons alors s’avancer les fiers guerriers, tapant en choeur le sol de leurs hautes lances au bout desquelles, dégoulinent sanguinaires, de grandes langues coupées comme autant de trophées.

Derrière ce choeur fier et puissant, traînent les blessés, accompagnés de leurs médecins chirurgiens. De leurs blessures s’écoule un sang d’une drôle de couleur, laissant au sol traces et flaques, dans lesquelles fébriles et essoufflés, ils glissent dangereusement.

Car derrière eux, nous pouvons déjà apercevoir avec effroi un spectacle éprouvant, la bête prise au piège dans de multiples lanières se tord en tout sens dompté par des toreros d’une force surhumaine. Sur le sol claque des fouets, qui donne cadence à la marche.

Derrière eux, pavanent le roi et la reine pulpeux et sensuels, riant de tous leurs éclats au milieu d’une cours affichants les nouvelles couleurs du royaume d’Anderlèche : le rose et le rouge. C’est bien de ces couleurs gustatives que le royaume d’Anderlèche est venu repeindre les pavés gris de Bruxelles, dans un étourdissant défilé qui annonce leur règne.

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