EXPO

MILADY

#1 Désordre

lundi 2 mai 2011

C’est pas parce qu’on manque d’ordre qu’on ne sait pas où
on en est. Petite, j’ai souvent gardé sous mon lit les emballages des barres chocolatées, mes culottes de la veille, les bulletins honteux, la poussière des animaux empaillés, les moutons de poils et les scories de la ville.
Plus grande, le nid s’est fait plus littéraire. Des journaux intimes gribouillés comme des murs de métro, des fétiches d’amoureux sans amour, et des ongles, des cheveux, des morceaux de ce qui pousse, qui se coupe.
J’ai depuis quelques années renversé la tendance. Sous le lit, des boîtes de rangement enflées de draps pliés, d’objets hérités, archivés. Rien n’est laissé pour compte. C’est au plafond à présent que les choses sont collées, clouées, empilées comme des chroniques.
Des paquets de pâtes vides ou pleins, une boîte de thon au naturel, des cartes à jouer, des factures impayées, une photo des chats sur le balcon, une plante grimpante. Quand la nuit mime le monde, quand les ombres du réverbère communal diluent mes perceptions, mon plafond devient mon p’tit écran des songes, mon cinéma muet.
Et là, je me dis, la réalité, c’est vraiment pour les autres.

Milady Renoir, mars 2011

Le cUBe
L’Oeil
L’Atelier pré-textes & sous-titres

Plan du site | Avec le soutien de | Spip |