La Ruinatje

Prémisses de la dramaturgie La Ruinatje

mardi 17 avril 2012

Désordre
C’est sur la zone du canal que nous voulons travailler au sein de notre Zinnode.
En partant du thème général “désordre” nous nous concentrerons sur le chaos architectural qui est caractéristique de la zone du canal.
Ce désordre est typique d’un quartier en transition. L’effet récent de gentrification crée de nouveaux contrastes, entre des maisons délabrées et de nouveaux bâtiments modernes, entre des endroits délaissés et des travaux de rénovation et de nouveaux projets urbains. Tout ça crée un véritable chaos dans le paysage urbain.
“Désordre”, thème général de la Zinneke, évoque chez beaucoup la variante plus extrême du mot “chaos”. Et “chaos” a une connotation négative, en particulier dans une commune comme Molenbeek qui connaît un passé de soulèvements.
Dans le concept pour la Zinneke nous souhaitons donc voir le chaos comme quelque chose de positif. Le chaos est propre à la ville. Nous voulons mettre en avant sa diversité et agir avec.
A travers le processus artistique de la Zinneke nous voulons à ce propos nous poser différentes questions : “l’ordre” est-il mieux que le “désordre” ?
Voulons-nous contenir le chaos en ville ? Le changer ? De quoi a l’air la ville idéale ?”
‘Les urbanistes veulent des choses en forme de motifs soignée. (...) Mais les villes ne sont pas comme ça. Les villes sont les affaires en désordre. Ils travaillent non pas par une ségrégation ordonnée, mais par une intégration plus spontanée de facteurs disparates. Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’ordre dans les villes. Mais l’ordre urbain émerge de la diversité plutôt que l’inverse’ - Gilles Deleuze
‘La tâche de l’art aujourd’hui est de mettre du chaos dans l’ordre’
‘Le désordre, la pagaille, le chaos, des fautes, du bruissement et des perturbations sont au fait normal. La régularité et le résoluble est anormal. Mais partout on tient furieusement la régularité et le résoluble pour normal. Les problèmes par exemple doivent toujours pouvoir être résolus et sinon exilés ou fuis.
Avec l’art nous voulons créer un chaos artistique et observer “le chaos” de façon positive. L’art peut libérer l’imagination grâce à son chaos de possibilités. Nous nous servons du chaos artistique de notre fantaisie pour créer un désordre idéal. Tout comme nous voulons dépasser les frontières de la zone du canal, nous voulons également dépasser les frontières de notre imagination. Nous laissons les directives de l’ordre social derrière nous et quittons les chemins balisés. Nous traversons le canal et le Boulevard Léopold II.
La trace
La zone du canal, lieu d’entrechoquements successifs, en transition permanente, constituant une sorte de bain de fusion duquel émergent des joyaux. Ce sont ces joyaux que nous voulons regarder à la loupe en nous attardant sur les traces qui permettent d’identifier leurs composants sociaux et culturels.
Les traces visibles sont l’expression d’une évolution (ce qui a été, est et sera), le témoignage de l’Histoire, et le témoin du passage d’autrui. Nous désirons prendre le temps de faire place à la mémoire, capable de réunir toutes personnes et de faire revivre hier pour comprendre aujourd’hui et envisager demain.
Pendant le temps de la parade, nous donnerons à voir l’alliage de toutes nos interrogations, observations, conclusions, sous une forme décalée, déréalisée, poétisée.
Nous partons des préoccupations autour de la zone du canal (migrations, gentrification, zone-frontière) pour les généraliser afin de parler à un public élargi. Les thèmes qui auront émergé, s’incarneront dans trois ou quatre scénarios reliés par des épisodes de transition modifiant, détruisant, camouflant les traces accumulées précédemment.
Et que notre passage marque dans l’esprit des spectateurs une trace à l’indélébile.

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