Sound of Kaai

Prémisses de la dramaturgie Sound of Kaai

vendredi 13 avril 2012

En discutant autour du désordre qui ouvre un vaste de champ de réflexion philosophique, politique et artistique, nous en sommes arrivées à l’idée de travailler autour de la parole et de la communication.
Notre point de départ pourrait s’exprimer ainsi :
« Là où commence la parole, commence le désordre ! »
D’un côté, ce mythe de la Tour de Babel qui, aujourd’hui, pourrait être une métaphore de notre époque d’ultra-communication.
Immense tissu de ramifications électriques, cybernétiques, téléphoniques, radiophoniques qui colportent ce que nous avons à communiquer de privé, de public, d’informatif, d’émotif. Ou alors métaphore d’une ville comme Bruxelles, cosmopolite, vivante et riche d’un multiculturalisme qui fonde son identité.
Métaphore réversible donc car la parole c’est aussi ce geste, qui nous fait aller les uns vers les autres, qui nous permet de nous rencontrer, d’échanger et de créer ensemble, c’est un « nous » difficile mais possible.
Et c’est bien ce que propose ce mot DÉSORDRE, portant en lui même autant de valeur positive que négative comme on pourrait le dire de la communication.

Alors ce serait l’histoire d’un monde, où la parole et le son ne s’arrêtent jamais, l’histoire de chœurs qui parlent, chantent, susurrent, s’égosillent…
Des voix amplifiées se détacheraient du brouhaha, pour qu’une parole claire et forte vienne raisonner aux oreilles du spectateur.
Des hommes, pris dans un réseau de fils électriques, possible prolongement de la ville, marcheraient derrière une tour opératrice à laquelle ils semblent à jamais reliés.
Une parade qu’on entendrait avant de voir, un nuage sonore en interaction avec les milliers d’oreilles qui nous écoutent passer.

PROCESSUS …
La matière qui nous servira à élaborer le son, le bruit, la parole de notre Zinnode sera produite par nous tous, à travers deux formes d’atelier qui constitueront une première étape essentielle au processus de création participative.
Le thème DÉSORDRE et le désir de travailler autour du son et de la parole, nous permettent de partir des mots, des réflexions des participants et de la réalité du quartier dans lequel nous allons travailler.
Un travail documentaire nous amènera à récolter la parole de chaque groupe, et à la faire circuler de participant en participant, alors qu’il n’est pas toujours possible dans une telle organisation de se rencontrer régulièrement tous ensemble.
Cette démarche documentaire nous donne l’envie de créer une dynamique dans le quartier, en investissant l’espace public.
Nous voulons proposer des temps forts où les participants vont à leur tour questionner les habitants sur leurs visions du désordre, impliquant ainsi l’environnement urbain, l’histoire et la vie du quartier dans le processus de création.
Simultanément des ateliers d’écriture poétique seront mis en place et permettront d’enrichir la parole, proposant à des personnes moins à l’aise à l’oral de s’exprimer.
Cette première étape est pour nous essentielle, puisqu’elle offre un temps réel de connaissance de l’autre et permet également une grande souplesse pour ce qui est de la participation à la parade.
Certaines personnes qui ne pourraient être présentes physiquement le jour Z et prendre part à la mise en place scénique et dramaturgique de notre Zinnode, peuvent tout à fait participer à ces premiers temps de travail par leur expression.
Il serait riche qu’un groupe se retrouve à travailler sur les textes et les sons d’un autre groupe et ainsi de suite, créant un lien continu entre nous si le temps ne nous permet pas de nous rencontrer régulièrement.
Cette matière accumulée (textes écrits, voix enregistrées, nappe sonore, bruits), constituera donc la base de notre proposition artistique.

Une deuxième étape débutera alors, à travers deux types d’atelier.
D’une part des ateliers « corps et chorale » et d’autre part des ateliers de construction autour du montage, de l’amplification et de la diffusion du son.
Notre objectif est de créer une boucle sonore, dont les reliefs seront créés par la rencontre des différentes matières : voix parlées, voix chantées, voix amplifiées, rythmes, nappe sonore diffusée, bruits réels amplifiés…
Nous souhaitons garder une certaine souplesse même durant cette étape de réalisation.
Il sera donc possible d’intégrer des personnes, par exemple des enfants trop petits pour participer à l’entièreté de la Parade.
Nous avons en tête de jalonner le parcours de surprises sonores qui surviendraient du public, afin d’intégrer à notre brouhaha de nouveaux participants tout au long de la marche.

UN DÉFI
Ce projet est donc un défi : réussir ensemble à réaliser une parade sonore qui fasse entendre un désordre humain, urbain, parfois beau parfois déroutant.
Jouer de la réversibilité : harmonie discordante, foule désunie, union des différences, dissonances chaotiques.
Créer ensemble d’une voix une multitude de sons / cris / rires / silence…
Donner un corps de parade à notre parole.

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